Foot fauteuil

Coupe du Monde : Marie Battistella, première féminine sélectionnée en EDF

Posté le 22 jui, à 18h30

Coupe du Monde de foot fauteuil 2017

A Kissimmee (Etats-Unis), du 06 au 09 juillet

 

Interview de Marie Battisletta, la gardienne et toute première féminine de l'histoire sélectionnée en équipe de France de foot fauteuil, s'apprête à disputer la troisième édition de la coupe du Monde de foot fauteuil du 3 au 10 juillet à Kissimmee aux Etats-Unis.

A savoir : à ce jour, le foot fauteuil est une discipline mixte, même au niveau international.

 

Brièvement qui est Marie Battistella ?

Cette femme de 33 ans, à l'accent qui chante, est originaire de l'Ariège (région Occitanie), c'est une amoureuse de sport qui jongle entre la pratique du foot fauteuil (depuis 2002), la gestion du « Toulouse Foot Fauteuil Club » (depuis 2013) et son travail de secrétaire médicale qu'elle exerce chez des podologues du sport, comme quoi le milieu sportif prend une grande place dans la vie de cette passionnée du ballon rond.

 

Coeur Handisport (CH) : Pourquoi cette passion pour le football et la pratique du foot fauteuil ?

Marie Battistella : En 1998 j'avais 14 ans, j'étais adolescente et le football a pris une place importante avec la coupe du monde de football en France. En plus Fabien Barthez, était de mon coin dans l'Ariège alors je suivais d'autant plus son parcours car tout le monde parlait de l'enfant du pays... On peut dire que c'est ma référence, l'idole de ma jeunesse.

Par la suite quand on m'a proposé d'essayer le foot fauteuil, c'était vraiment génial, je ne savais pas que cela existait à la base, donc je n'imaginais pas une seconde pouvoir pratiquer du football un jour dans ma vie. 

Avant le foot fauteuil, j'ai pratiqué du tir sportif (carabine), mais j'ai vite compris que ma préférence serait pour un sport collectif car je m'ennuyais un peu. 

Du coup j'ai commencé le foot fauteuil en 2002, comme la grande majorité pour le loisir ; rapidement le poste de gardienne m'a intéressé suite à l'effet coupe du monde 1998, de plus c'est ou j'avais le plus de facilités donc je me suis entraînée pour jouer à ce poste.

A savoir que ce qui m'intéresse dans le football, c'est l'aventure humaine en premier lieu, l'aspect de cette discipline collective, de partager, de trouver des solutions/communiquer sur le terrain, ainsi que les résultats sportifs car je suis une compétitrice...

 

CH : Une quinzaine d'années en tant que joueuse dans la discipline mais pas que ?

Marie Battistella : Je suis co-fondatrice du club du « Toulouse Foot Fauteuil Club » (avec Arthur Bataille, Thomas Lagareste et Nicolas Volcke) qui existe depuis maintenant plus de quatre ans (23 février 2013).

site > www.tffc.fr

Avant je jouais au club de Ramonville, une ville qui est juste à côté de Toulouse, le club dépendait d'un centre et on a pensé à créer notre propre club car celui de Toulouse n'existait pas et on a commencé cette aventure à 4 joueurs puis en intéressant des joueurs d'autres clubs.

Maintenant le club de Toulouse est notre club, notre petit bébé, on le fait vivre en jouant mais aussi en s'occupant de la vie du club en cherchant des sponsors pour pratiquer les entraînements et participer aux compétitions tout au long de l'année.

 

CH : La vie, la gestion d'un club est-elle évidente ?

Marie Battistella : A la différence d’un licencié qui joue dans un club (il n’organise rien et il se laisse porter), nous, nous organisons tout (transports, équipement...), forcément tu es joueur mais tu dois penser à la gestion et l'organisation du club.

Il faut prendre en compte que c'est une discipline qui coûte cher, car elle est mécanique donc au delà du fauteuil pour pratiquer il y a des frais annexes de réparation, plus les déplacements en compétition. A l'heure actuelle notre budget annuel pour pratiquer est de 14 000 €. De plus le strike force (fauteuil spécifique à la pratique du foot fauteuil) a révolutionné la discipline et devient indispensable en compétition pour rivaliser avec les autres équipes mais cela n'est pas donné. En effet, un strike force coûte au minimum 12 000 €, il nous est donc indispensable de trouver des sponsors, il faut donc toujours chercher à les intéresser.

 

CH : Que ressens tu en tant que première femme sélectionnée en équipe de France ?

Marie Battistella : Je ressens une énorme fierté, parce que cela fait longtemps que je fais du foot fauteuil et même si nous sommes de plus en plus, nous ne restons qu'une poignée de filles à jouer en compétition. J'ai réussi à faire ma place et pour moi c'est une très grande fierté. Par ailleurs, je pense aux copines qui ont déjà pu faire des stages de préparation sans finalement être sélectionnées. Cela va être une superbe aventure et je vais pouvoir retenir que je suis la première...

 

CH : A quelques jours du départ, comment abordes tu cette coupe du monde ?

Marie Batistella : J'ai de la pression mais ce qu'il faut, pas trop. Moi je le sens bien, je suis confiante, nous nous sommes bien préparés, j'ai confiance en mes coéquipiers, je sais que l'on va tout donner car on peut faire quelque chose de très bien avec cette équipe. 

Comme cela fait longtemps que je pratique, je connais bien les joueurs et cela me permet de m’intégrer à l’effectif. En plus j'ai pu parler de cette compétition avec un autre joueur de l'effectif Tristan Delmas qui est également joueur de Toulouse et vice-champion du monde 2007.

 

Par ailleurs j'ai la chance d'avoir mon fan club qui me rejoint car on avait fait un pari que si j'étais sélectionnée en équipe de France, il fallait que les joueurs de mon équipe viennent me voir jouer ; donc les fondateurs (Arthur, Thomas et Nicolas) se sont organisés et viennent à la coupe du monde. Je trouve ça génial, cela me touche beaucoup, pourtant on l'avait juste dit comme ça car très sincèrement je ne pensais pas être sélectionnée, sachant que c'est la première fois que deux gardiens sont sélectionnés (Marie Battistella et Sylvain Malard). Donc tout est positif...

 

J'espère que cela donnera envie à des personnes (notamment des féminines) en voyant des matchs, de venir tester le foot fauteuil et que cela favorisera le développement de la discipline qui est encore trop peu connue malheureusement. 

 

CH : Qu'est ce qui pourrait être réalisé/amélioré pour attirer des féminines à jouer ?

Marie Battistella : Je pense, que cela vient des éducateurs à la base, qui ne proposent pas forcément cette activité aux féminines. Pour ma part c'était dans mon lycée, je n'en avais jamais vu et un jour un éducateur en me voyant m'amuser dehors avec des amis à faire les idiots en fauteuil, il est venu m'informer qu'il y avait la possibilité d'une pratique. Peut être que s'il n'était jamais venu me chercher, je  n’aurai jamais testé le foot fauteuil. Car inconsciemment tu te dis, c'est du foot et c'est pour les garçons, même si maintenant c'est moins le cas avec la progression du football féminin valide. 

 

Merci à Marie Battistella pour le temps accordé à Coeur Handisport pour cette interview ; nous lui souhaitons une très bonne coupe du monde ainsi qu'à l'ensemble de l'équipe de France, joueurs et staff.

ALLEZ LES BLEUS

 

Interview et photo : Coeur Handisport

Avec : Marie Battistella.
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